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LA FORÊT QUI A FILÉ À L’ANGLAISE


La Ville a beau se vanter d’avoir un domaine seigneurial comprenant une forêt anglaise aussi grande que 521 terrains de soccer, mais il reste que cette belle et vaste étendue de verdure en plein cœur de Mascouche ne nous appartient pas.


Voici donc comment cette forêt qui nous avait été promise et que nous avons payée nous a glissé entre les doigts.



Être locataire chez soi !


Comme cette forêt est en zone agricole et que ses propriétaires voulaient en conserver une portion, il a été entendu de transférer le Domaine seigneurial en deux transactions séparées; une pour le Manoir et une deuxième pour la Forêt dès l’obtention de l’autorisation de la Commission de la protection du territoire agricole (CPTAQ). (Note 1)


Par empressement, bêtise ou les deux à la fois, la Ville acheta le Manoir sans attendre l’autorisation de la CPTAQ pour 5,5 M$ alors que son évaluation municipale était de 3,3 M$.


Toujours est-il qu’après 4 années de démarches ayant coûté un bras, la CPTAQ refusa la donation partielle de la Forêt, laissant la Ville avec un Manoir seigneurial amputé de sa Forêt domaniale.


Comme les transactions étaient dépendantes l’une de l’autre, il était possible d’annuler l’achat du Manoir pour revenir à la case départ, mais la Ville ne l’a pas fait, préférant payer le plein prix pour une moitié de Domaine. Pourquoi ? Je n’en sais rien, mais je sais que la maire Tremblay a toujours affirmé que la Ville avait fait une bonne affaire en achetant le Manoir.


Certes, la Ville pouvait bien attendre avant d’acheter le Manoir, le temps d’avoir le OK de la CPTAQ, mais elle ne l’a pas fait. Elle pouvait aussi annuler l’achat du Manoir pour revenir à la case départ, mais elle ne l’a pas fait non plus. Empressement, bêtise ou les deux à la fois, à vous de choisir.


C’est donc au terme de ces bévues qu’en 2019, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) acquit l’entièreté de la Forêt pour 3,8 M$. Une rédemption pour la Ville, peut-être, mais venant avec un lourd fardeau financier.



 

Le monde à l’envers

 

Mine de rien, ça fait plus de 5 ans que la CMM a confié la gestion de sa Forêt à la Ville.  (Note 2) Grosso modo, il est prévu que la Ville assumera toutes les dépenses liées à la Forêt.  En fait, le voilà le fardeau financier pour avoir laissé la Forêt nous glisser entre les doigts.

  

Or, selon vous, à titre de locataire, est-ce que ça fait du sens d’investir 20 M$ pour faire de la Forêt un des plus grands parcs autour de Montréal ?  Bien sûr que non.  À part le maire Tremblay, qui investirait dans une Forêt qui ne nous appartient pas ?

 

Si c’est là l’ambition de la CMM, il lui revient, à titre de propriétaire, d’en assumer les frais et vous savez quoi ?  Elle devra payer quelqu’un pour faire le travail puisqu’elle est une instance administrative qui n’a pas d’employé.

 

Alors, pouvez-vous me dire pourquoi la Ville s’est engagée à payer des dépenses qui sont du ressort de la CMM d’autant plus qu’elles profiteront aux 82 villes de la CMM ?  Est-ce quelque part, quelqu’un serait tombé sur la tête ?  On le dirait bien !

 


Ma cabane au Canada

 

Fort heureusement pour nos finances, 5 ans après la signature de ce «deal», il ne s’est toujours rien passé et c’est tant mieux.  Mais au juste, qu’est-ce qui cloche ?

 

Bien, comme les activités prévues dans la Forêt sont de nature récréotouristique et non agricole, la Ville avait encore besoin de l’autorisation de la CPTAQ, laquelle a été obtenue à l’été 2024. (Note 3)

 

Cette autorisation reconnaît des droits acquis que pour les sentiers existants au 9 novembre 1978, date du décret de zone agricole.  C’est dire que la Ville ne peut faire de nouveaux sentiers ni agrandir les sentiers qui existaient au 9 novembre 1978.  Finalement, pas si mal après 11 ans.

 

Par ailleurs, la Ville projette de construire une cabane à sucre dans la Forêt.  Qui dit cabane, dit infrastructures et services (chemins, stationnements, éclairage, aqueduc, égouts, électricité, etc.,).  De quoi faire monter le taux de sucre des citoyens plus soucieux de l’environnement que de l’économie.

 

Est-ce sérieux ?  Pourtant, c’est bien ce qui est écrit dans la résolution 230213-31 du conseil municipal. (Note 4) Pour le maire Tremblay, l’offre touristique passe avant tout.  Il a oublié que Mascouche est une ville dortoir.  Alors, dites adieu à ce qui vous reste de quiétude et de qualité de vie, la visite s’en vient.

  

 

RIP : la Forêt domaniale

 

Alors, on fait quoi ?  Très simple, on ne fait rien parce qu’il n’est pas question de payer pour les 82 villes de la CMM.  Si la CMM tient à son parc, qu’elle en assume les frais !

 

Le jour où la CMM voudra bien nous céder la Forêt, car nous l’avons déjà payé dans le prix du Manoir, la question sera à considérer, mais en attendant, fichons la paix à cette Forêt et contentons-nous de collecter les taxes de la CMM.


Merci à tous.




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Référence






Note 1 - Entente de principe du 7 octobre 2014

 





Note 2 - Entente entre la CMM et Mascouche






Note 3 - CPTAQ - Vérification droits reconnus

 




Note 4 - Mascouche - résolution 230213-31

 

 




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